q Roland Garros (Grand Chelem) - Matchs Tennis
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La prodigieuse Australienne fait connaissance avec le tennis alors qu’elle n’a que quatre ans lorsqu’elle passe son temps à taper la petite balle jaune contre le mur du garage de la maison familiale. Très vite inscrite dans un club de tennis local par ses parents, Ash, comme elle est surnommée, fait tout de suite étalage de ses qualités auprès de ses entraîneurs. Si bien que dès l’âge de 9 ans elle s’entraîne au contact de garçons âgés de 15 ans. La précoce native d'Ipswich dans le Queensland apprend et progresse rapidement au point qu’elle fait ses débuts professionnels en 2010, alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente. Sous la houlette de son entraîneur, l’ancien joueur Jason Stoltenberg, elle quitte son Australie natale pour sillonner les terrains et les compétitions en Europe. Classée numéro deux mondiale junior par l’ITF, Ash remporte son premier Grand Chelem chez les jeunes en 2011 à Wimbledon. Très bonne joueuse de double, elle se fait connaître chez les professionnels en 2013 lorsque, avec sa partenaire et compatriote Casey Dellacqua, elles atteignent successivement les finales de l’Open d’Australie, de Wimbledon et de l’US Open. L’année suivante, elle décide de faire une pause dans sa carrière. 

Lorsqu’elle revient sur le circuit à l’occasion de l’Open d’Australie 2017, Barty se situe au-delà de la 200ème place du classement des meilleures joueuses mondiales établie par la WTA. Pourtant cette année-là, elle passe pour la première fois les deux premiers tours d’un tel tournoi. De bonne augure pour la suite. Car quelques mois plus tard au tournoi de Kuala Lumpur, elle décroche son premier titre WTA chez les simple en battant la japonaise Hibino en deux manches. Cette même année, elle réussit plusieurs grandes performances en venant à bout de plusieurs joueuses classées dans le top 10. Ces bonnes performances lui permettent de faire un énorme bond au classement puisqu’elle se trouve propulsée au 17ème rang mondial au crépuscule de la saison. La suivante sera du même acabit pour celle qui remportera deux titres supplémentaires, à Nottingham sur gazon puis à Zhuhai sur dur alors qu’elle est finaliste lors du tournoi de Sydney. 

La consécration intervient en 2019 pour la joueuse australienne. En effet, elle triomphe pour la première fois dans un Grand Chelem lorsqu’elle bat la tchèque Marketa Vondrousova sur la terre battue parisienne de Roland Garros. Cette victoire la propulse à la deuxième place du classement WTA avant d’atteindre la plus haute marche du podium quelques semaines plus tard après sa victoire au tournoi de Birmingham disputé avant Wimbledon. Malgré un parcours moins rayonnant dans les autres Grand Chelem de la saison, Barty arrive au Masters (tournoi qui regroupe uniquement les huit meilleures joueuses du classement) avec l’étiquette de favorite étant donnée son classement. Après sa victoire face à Elina Svitolina en finale à Shenzhen, Ash s’empare d’un nouveau titre majeur en 2019, qui lui permet de conforter son avance de première joueuse mondiale. La jeune femme, à qui le changement de surface ne semble faire peur, parvient a décrocher deux nouveau titres du Grand Chelem : tout d’abord à Wimbledon sur gazon, cette fois chez les grands, puis à domicile à Melbourne en début d’année 2022. 

À la surprise générale, la numéro un mondiale annonce, en mars de cette même année, prendre sa retraite sportive et se retirer définitivement des courts à seulement 25 ans. 

L’australienne était crainte par ses adversaires car elle ne laissait transparaître aucune faille dans son jeu. Très généreuse dans l’effort, elle était capable de s’engager dans de longs combats de fond de court tout en repoussant les assauts adverses grâce à la puissance de son coup droit. Ashleigh Barty dispose d’une palette technique complète et développée qui, combinée à son excellente vision du jeu, lui permet de distiller la balle aux quatre coins du court. Bien que n’ayant pas le gabarit des grosses serveuses habituelles, Barty savait mettre beaucoup d’effet dans sa balle et trouver les meilleures zones dans le carré de service pour mettre à mal la relance de la joueuse opposée. Joueuse complète, aussi à l’aise sur les phases offensives que défensives, Ashleigh Barty disposait lors de sa période d’activité de toutes les cartes en mains nécessaires pour marquer la légende de son sport.

À ses débuts lorsqu’elle avait 8 ans, elle détestait le tennis selon son propre aveu. Une chance pour Li Na et le tennis mondial que la persévérance soit ancrée dans ses valeurs. Et pour cause, en 2019 à 37 ans, elle est la première joueuse asiatique à être intronisée au Temple de la renommée du tennis international ! Cette récompense vient célébrer la carrière d’une tenniswoman au parcours pas toujours linéaire mais qui a su devenir par son travail et son talent naturel une formidable ambassadrice pour le tennis de son pays. 

La joueuse chinoise a toujours eu un penchant pour les sports de raquette. Elle a d’abord commencé par pratiquer le badminton, très populaire en Chine avant de se consacrer au tennis en y embrassant une carrière professionnelle dès l’année 1999. Mais ses débuts sont poussifs et elle ne parvient pas vraiment à se faire une place de choix dans le classement mondial. Ce n’est que 5 ans plus tard, en 2004, qu’elle commence à se faire remarquer par ses premières performances significatives. Elle se fait connaître au pays à l’occasion du tournoi WTA de Canton organisé à Guangzhou sur sa surface de prédilection, le dur. Là-bas, elle y remporte son premier titre en simple en venant à bout en deux manches de la slovaque Martina Souchà. Sa régularité sur l’ensemble de l’année 2004 lui vaut alors d’apparaître pour la première fois dans le top 100 des meilleures joueuses mondiales. 

Deux ans plus tard, en 2006, elle réalise un premier exploit en Grand Chelem lorsqu’elle se hisse en quarts de finale du tournoi de Wimbledon, en sortant notamment en seizième de finale la redoutable russe Svetlana Kuznetsova, vainqueure de l’US Open 2004. Ce résultat exceptionnel permet à Li Na d’intégrer le top 20 mondial à l’issue de la saison. Malgré une blessure qui l’éloigne des courts quelques mois et qui la fait reculer au classement, Li Na ne cesse de progresser au fil des années. Son jeu agressif et son revers dévastateur par sa précision et sa puissance font des ravages dans les plus grands tournois mondiaux. En 2010 par exemple, elle atteint une première fois la demi-finale de l’Open d’Australie. L’année suivante, elle récidive à Melbourne en étant la première joueuse de tennis asiatique à atteindre la finale d’un Grand Chelem, seulement défaite par la belge Kim Clijsters. 

Quelques mois plus tard, Li Na arrive à Paris plus confiante que jamais pour y disputer les Internationaux de France. Doté d’une grande vivacité et d’un jeu de jambe à en faire pâlir les plus grands boxeurs, la jeune femme démontre lors de cette édition, qu’elle est une sérieuse prétendante à la victoire finale. Après s’être facilement défaite (7-5 6-2 en moins d’1h30 de jeu) de la biélorusse Victoria Azarenka, elle écarte non moins aisément Maria Sharapova en demi-finale. En se qualifiant pour la finale de Roland Garros, elle devient la première joueuse chinoise à atteindre ce stade de la prestigieuse compétition française. Elle repousse le record un peu plus loin lorsqu’elle sort victorieuse de la finale qui l’oppose à l’italienne Francesca Schiavone. Li Na peut s'effondrer de joie sur le court Philippe Chatrier : elle est la première joueuse issue de ce continent à remporter un titre du Grand Chelem. 

En 2014, Li Na atteint pour la troisième fois la finale à Melbourne à l’occasion de l’Open d’Australie. Opposée à la slovaque Dominika Cibulkova sur le court central de la Rod Laver Arena, elle montre l’étendu de son talent dans une seconde manche où elle déroule son jeu fait de puissance et de vitesse (6-0). Elle remporte alors son deuxième titre du Grand Chelem et pointe à la deuxième place mondiale du classement WTA. Si l’année 2014 commence sur les chapeaux de roue pour elle (le tournoi australien se déroule entre fin janvier et début février), certains pépins physiques l’empêchent de disputer les tournois suivants en pleine possession de ses moyens. Ne se jugeant plus en capacité de défendre ses chances à 100%, Li Na prend la décision de stopper sa carrière sportive à l’issue de l’US Open disputé à New York en septembre. 

La native de Wuhan est incontestablement devenue une locomotive pour le tennis local qui s’est trouvé un goût prononcé pour la pratique à la suite des performances de leur championne. Avec ses 9 titres glanés en simple parmi lesquels deux Grand Chelem, Li Na s’impose comme l’une des plus grandes joueuses de l’histoire du tennis féminin. 

Du 22 mai au 5 juin 2022 se déroulera à Paris la 121ème édition des Internationaux de France de Tennis sur le site de Roland Garros. Il s’agira du deuxième Grand Chelem de la saison pour les 356 joueuses et joueurs qualifiés qui se disputeront le trophée sur la terre battue parisienne. Zoom sur l’un des tournois les plus prestigieux de la planète tennis et sur les favoris qui prétendent à la victoire finale.

LA COMPÉTITION ET SON DÉROULÉ

Si les premiers échanges interviendront officiellement le dimanche 22 mai, le stade de Roland Garros ouvre ses portes une semaine avant, dès le 16, date à laquelle les qualifications débutent. Disputée sur les courts annexes, cette phase préliminaire concerne les joueurs et joueuses classés au-delà de la centième place mondiale et qui ne sont donc pas intégrés directement dans le tableau final via leur classement. Pour avoir la chance de participer au 1er tour du Grand Chelem, ces compétiteurs vont devoir remporter trois matchs en deux sets gagnants. Ainsi, parmi les 128 hommes et femmes inscrits en qualifications, 16 d’entre eux parviendront à décrocher un billet pour le tableau final. La Fédération Française de Tennis attribue également pour cette édition 8 wild cards chez les hommes comme chez les femmes, des invitations permettant à des joueurs d’intégrer le tableau final sans passer par les qualifications. Cette année, une wild card a notamment été attribué à Jo-Wilfried Tsonga (classé 263 ème joueur mondial à l’ATP) pour une dernière participation à Roland Garros avant sa retraite, ou encore à Fiona Ferro (139 ème au classement WTA) huitième de finaliste de l’édition 2020.  

La quinzaine débutera donc comme le veut la tradition dès le dimanche. À partir de ce premier tour, chaque compétiteur devra gagner la bagatelle de sept rencontres s’il veut soulever le fameux trophée début juin. Chez les hommes, les rencontres rendent leur verdict au meilleur des cinq manches (le premier qui décroche 3 sets l’emporte) alors que chez les femmes, deux sets remportés sont nécessaires pour sortir vainqueur du duel. Parallèlement au tournoi disputé en simple, une compétition de double hommes, femmes et mixte à lieu également. 

Les protagonistes seront particulièrement attentifs au tirage au sort des premières rencontres effectué le jeudi 19 mai au soir. Ce tirage étant intégral, il est possible pour eux de lire leur probable trajectoire jusqu’à la finale et d’avoir une idée sur les éventuels obstacles qu’ils rencontreront avant d’y parvenir. Les joueurs et joueuses les mieux classés bénéficient du statut de tête de série (au nombre de 32) qui leur permet d’être “protégé” lors des premiers tours en affrontant des adversaires plus lointains au classement. La tête de série numéro une est placée dans la partie de tableau opposée à celle du numéro deux afin que ceux-là ne puissent s'affronter avant une éventuelle finale. 

Bien qu'ils soient autorisés à participer par la FFT, les athlètes russes et biélorusses ne peuvent concourir sous les bannières de leurs pays respectifs en raison de la guerre en Ukraine. Ils seront soumis au régime de la neutralité et aucun hymne émanant de ces nations ne sera entonné dans le stade. 

Voici la liste arrêtée des têtes de série de cette édition 2022. 

Têtes de série du simple dames 

1. Iga SWIATEK9. Danielle COLLINS17. Leylah FERNANDEZ25. Liudmila SAMSONOVA
2. Barbora KREJCIKOVA10. Garbine MUGURUZA18. Coco GAUFF26. Sorana CIRSTEA
3. Paula BADOSA11. Jessica PEGULA19. Simona HALEP27. Amanda ANISIMOVA
4. Maria SAKKARI12. Emma RADUCANU20. Daria KASATKINA28. Camila GIORGI
5. Anett KONTAVEIT13. Jelena OSTAPENKO21. Angelique KERBER29. Veronika KUDERMETOVA
6. Ons JABEUR14. Belinda BENCIC22. Madison KEYS30. Ekaterina ALEXANDROVA
7. Aryna SABALENKA15. Victoria AZARENKA23. Jil TEICHMANN31. Elise MERTENS
8. Karolina PLISKOVA16. Elena RYBAKINA24. Tamara ZIDANSEK32. Petra KVITOVA

Têtes de série du simple messieurs 

1. Novak DJOKOVIC9. Félix AUGER-ALIASSIME17. Reilly OPELKA25. Frances TIAFOE
2. Daniil MEDVEDEV10. Cameron NORRIE18. Roberto BAUTISTA AGUT26. Alejandro DAVIDOVICH-FOKINA
3. Alexander ZVEREV11. Jannick SINNER19. Grigor DIMITROV27. Botic VAN DE ZANDSCHULP
4. Stefanos TSITSIPAS12. Hubert HURKACZ20. Alex DE MINAUR28. Sebastian KORDA
5. Rafael NADAL13. Taylor FRITZ21. Marin CILIC29. Miomir KECMANOVIC
6. Carlos ALCARAZ14. Denis SHAPOVALOV22. Karen KHACHANOV30. Daniel EVANS
7. Andrey RUBLEV15. Diego SCHWARTZMAN23. Nikoloz BASILASHVILI31. Tommy PAUL
8. Casper RUUD16. Pablo CARRENO BUSTA24. John ISNER32. Jenson BROOKSBY

LES FAVORIS DE LA QUINZAINE

Rafael Nadal, maître incontesté du tournoi, parviendra-t-il à asseoir encore un peu plus sa légende à Roland Garros en y décrochant un quatorzième titre ? Novak Djokovic réussira t-il à remporter un vingt et unième tournoi du Grand Chelem et ainsi recoller à Nadal ? Ou au contraire va t-on assister à une passation de pouvoir entre les anciens et cette nouvelle génération qui peine encore à triompher sur les tournois majeurs ? Autant de questions en suspens qui donnent une saveur particulière au tournoi parisien. 

Le numéro un mondial, le serbe Novak Djokovic est pourtant parvenu à faire le plein de confiance avant d’arriver à Paris puisqu’il vient de remporter le Masters 1000 de Rome (disputé aussi sur terre-battue) en battant Stefanos Tsitsipas en finale. Il affrontera au premier tour le japonais Yoshihito Nishioka, 94 ème joueur mondial pour se familiariser un peu plus avec la terre parisienne. Au contraire du serbe, Nadal se présente à Paris avec des doutes plein la tête. Pas vraiment à propos de son niveau de jeu des mois précédents le début de Roland Garros mais plutôt sur son état physique lui qui a vu une vieille blessure au pied se réveiller au deuxième tour de ce même tournoi romain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le tirage ne lui a pas réservé un parcours de tout repos. S’il entre en compétition face à Thompson, modeste 82 ème joueur mondial, le majorquin pourrait retrouver dès le deuxième tour un ancien vainqueur du tournoi en la personne de Stan Wawrinka. Un duel entre Nadal et Djokovic pourrait intervenir dès les quarts de finale de l’épreuve si les deux hommes passent les étapes sans grabuges. 

La bonne côte du tournoi vient sans doute du jeune prodige espagnol Carlos Alcaraz, vainqueur sur terre de l’Open de Barcelone et du Masters 1000 de Madrid en battant tour à tour Nadal, Djokovic puis Alexander Zverev en finale ! C’est d’ailleurs la première fois qu’un joueur parvient à battre tour à tour les deux mastodontes serbe et espagnol dans un même tournoi. Il pourrait être sur la route en demi-finale de celui qui sortira vainqueur de la potentielle rencontre entre Nadal et Djokovic en quart.  

Parmi les joueurs à suivre, il y a bien sûr le russe Medvedev même si l’on sait qu’il n’apprécie pas forcément évoluer sur surface ocre. Les purs joueurs de terre-battue que sont les espagnols Bautista Agut, Carreno Busta ou encore l’argentin Diego Schwartzman devraient à coup sûr être de coriaces adversaires pour celui qui les affrontera. Une surprise n’est pas non plus à exclure, venus de jeunes joueurs décomplexés sur le court et aux qualités techniques plus que certaines. On pense notamment à Jannick Sinner, déjà quart de finaliste à Porte d’Auteuil, à Félix Auger-Aliassime fort de ses bons résultats à Madrid et à Rome ou encore à Casper Ruud, révélation norvégienne qui a remporté 6 de ses 7 titres en simple sur terre-battue. 

Un local peut-il remporter le tournoi masculin ? Dépourvu de titre à Paris depuis plus de 39 ans et la victoire de Yannick Noah sur le central, le public parisien espère toujours voir un français réaliser l’exploit. Mais cette année et pour la première fois depuis 1980 à Roland Garros, aucun français ne sera tête de série après le forfait annoncé de Gaël Monfils, 22ème à l’ATP et souvent considéré comme la meilleure chance tricolore. La tâche s’annonce donc rude pour les joueurs chargés de défendre les couleurs nationales, même si dans le sport on le sait, il n’y a jamais rien d’impossible. 

Chez les dames, la grandissime favorite est évidemment Iga Swiatek qui marche littéralement sur l’eau depuis quelques mois. La polonaise, déjà victorieuse à Roland Garros en 2020, espère faire mieux qu’en demie finale à l’Open d’Australie début janvier où elle s'était inclinée devant l’américaine Danielle Collins. Lauréate de l’intégralité des tournois pré-Roland Garros sur terre-battue, elle s'impose comme le véritable rouleau compresseur à éviter sur son chemin pour toutes ses concurrentes. Le tirage au sort lui a d’ailleurs réservé deux anciennes vainqueures du tournoi en la personne de Simona Halep et Ostapenko qui devraient se rencontrer en huitième de finale. 

Les principales concurrentes de la polonaise devraient être Krejcikova qui remet son titre en jeu, même si elle fait depuis peu son retour sur les courts après une longue blessure.  La tunisienne Ons Jabeur, qui ne cesse de progresser ces derniers temps, sera à suivre tout comme la puissante Maria Sakkari qui apprécie particulièrement les combats physiques qu’imposent les matchs sur terre-battue. Ces dernières pourraient, si tout se passe bien pour elles, se retrouver en quarts de finale pour une place dans le dernier carré de la compétition. Gagnante de l’édition 2016, Garbine Muguruza aimerait jouer les troubles fêtes à Paris, elle qui n’a plus réussi à passer l’obstacle des huitièmes de finale depuis trois ans à Roland Garros. Tout comme la Roumaine Simona Halep, vainqueure en 2018 et qui n’a pu participer à l’édition précédente, la faute à une blessure au mollet.  

Cette édition sera-t-elle celle de l'envol d’Emma Raducanu ? La jeune britannique, issue des qualifications et pourtant victorieuse à l’US Open la saison dernière sans concéder la moindre manche, peine ces derniers temps à confirmer les espoirs placés en elle. Elle participe pour la première fois de sa jeune carrière au Grand Chelem français. Une bonne occasion pour elle de mettre tout le monde d'accord sur son niveau.

Enfin, il n’est pas improbable d’assister à une énorme surprise dans un tableau féminin qui ne nous laisse jamais sur notre faim. L’année passée, la tchèque Barbara Krejcikova a par exemple réussi à surprendre son monde en mettant sa main sur le trophée sans tête de série au début de la compétition. Inutile donc de préciser qu’une fois encore, la compétition fera rage pour le plus grand bonheur du public et des amateurs d’émotions en tous genres.

ROLAND GARROS, UN TOURNOI ANCRÉ DANS L’HISTOIRE DU TENNIS 

L’ancêtre du tournoi parisien, le championnat de France international, voit sa première édition se dérouler en 1891 sur des courts à la surface gazonnée. Ce n’est qu’en 1912 que la décision est prise par les organisateurs d’opter pour la terre-battue dans le but de se démarquer du tournoi de Wimbledon, où le gazon est roi, mais aussi d'offrir une alternative aux joueurs en délicatesse avec la surface verte. Comme l’ensemble des autres tournois de tennis, l'événement français n’est, dans un premier temps, accessible qu’aux seuls joueurs amateurs licenciés en France, élément qui contribue à ralentir son développement à l’international. C’est donc dans l’idée de rompre avec cet isolement que sont créés en 1925 les Internationaux de France ouverts aux joueurs étrangers. Cette année-là, le tournoi est disputé sur les installations du Stade Français au niveau du parc de Saint-Cloud. La création du Stade de Roland Garros est décidée après la victoire de l'équipe de France de tennis en finale de la Coupe Davis 1927 face aux États Unis, dans l’optique d’y organiser la revanche l’année suivante. Un terrain de plusieurs hectares situé à Porte d'Auteuil censé accueillir le futur projet du stade est alors vendu par le club omnisport du Stade Français à la seule condition de pouvoir garder la main sur sa prochaine appellation. Le président de ce dernier décide d’attribuer le nom de Roland Garros, ancien licencié du stade français et célèbre aviateur mort au combat en 1918, aux nouvelles installations. Si le trophée sera bel et bien disputé pour la 121è fois depuis 1891 lors de cette édition, c’est officiellement à partir de 1928 lorsque le stade est inauguré, que l’on peut réellement parler de la 1ère édition du tournoi connu sous le nom de Roland Garros. 

Historiquement, l'événement organisé annuellement par la Fédération Française de Tennis est le deuxième Grand Chelem au programme des athlètes. Il fait suite à l’Open d’Australie disputé au tout début de l'année civile et précède le Grand Chelem londonien de Wimbledon du mois de juillet. Le tournoi de Roland Garros vient clôturer la période de l’année durant laquelle les joueurs et joueuses s’adonnent à des compétitions disputées sur terre battue. Le majeur français, par son titre de Grand Chelem, fait office du tournoi phare disputé sur la surface ocrée. Il est considéré par certains joueurs comme l’un des titres les plus rudes à glaner tant les conditions de jeu imposées par la surface pèsent physiquement et mentalement sur les organismes. 

La compétition a été tout au long de son histoire le théâtre de retentissants exploits de la part de joueurs venus des quatre coins du globe. Toutes les grandes championnes, de Margaret Smith Court à Chris Evert en passant par Steffi Graf et tous les grands champions de Bjorn Borg à Matts Wilander sans oublier l’inévitable Rafael Nadal se sont battus pour remporter le glorieux titre. Depuis le début de l’ère Open en 1968 autorisant les joueurs professionnels à participer, c’est l’espagnol Rafael Nadal qui détient le record de victoires finales à Porte d’Auteuil chez les hommes. Chez les femmes, c’est l'américain Chris Evert qui mène pour le moment la danse. Cette année encore, ils seront plus de 350 à vouloir eux aussi triompher à Paris en inscrivant leur nom au palmarès.

La Coupe Suzanne Lenglen attribuée à la gagnante du simple féminin  

La Coupe des Mousquetaires, trophée décerné au vainqueur du simple masculin

LE STADE ROLAND GARROS 

Le stade, récemment modernisé, est composé de 16 courts en terre battue dont 2 sont dédiés aux entraînements des joueurs. Trois courts principaux accueillent les plus belles affiches du tournoi. 

Le court Philippe Chatrier

Doté d’une capacité de plus de 15 000 places, c’est le court central du tournoi et le plus grand du monde à disposer d’une surface en terre battue. Il accueille, en plus des principaux matchs tout au long de la compétition, les finales du tournoi simple dames et messieurs. Les quatre tribunes qui composent son édifice portent le nom des Quatre Mousquetaires (Borotra, Cochet, Lacoste et Brugnon), surnom donné à l’équipe de France de tennis lauréate de la Coupe Davis 1927. Le court central a fait l’objet d’une importante modernisation de sa structure en 2018. Un toit amovible, déployable et rétractable en moins de 12 minutes est ainsi érigé. Grâce à celui-ci, le jeu peut se poursuivre en toutes circonstances alors qu’auparavant il était stoppé en cas d’intempéries. C’est l’unique court du complexe qui bénéficie de cette installation. 

De plus, grâce à la luminosité nouvellement installée, des sessions dites de nuit sont organisées chaque jour dès 21h permettant aux joueurs de ne pas être interrompus par la nuit, pour le plus grand bonheur des spectateurs. 

Le court Suzanne Lenglen

Le court Suzanne Lenglen est le deuxième plus grand court de Roland en termes de capacité puisqu’il peut contenir jusqu’à 10 000 spectateurs. Il a été baptisé ainsi en hommage à l’une des premières joueuses de tennis française à avoir une renommée mondiale dans son sport. Si ce ne sera pas le cas pour cette édition 2022, il est prévu qu’à l’instar du court central, le Suzanne Lenglen dispose lui aussi d’un toit amovible. En effet, l’enceinte est prévue pour accueillir la compétition de boxe des jeux Olympiques 2024 disputés à Paris. 

Selon toute vraisemblance, le court Suzanne Lenglen devrait être en mesure d’accueillir des matchs sous son toit à partir de 2024, date à laquelle les travaux devraient s’achever.

Le court Simonne Mathieu

Le court Simone Mathieu est un court flambant neuf de plus de 5000 places. Il est le troisième court principal du stade de Roland Garros. Construit à plus de 4 mètres sous terre afin de respecter une architecture harmonieuse avec son environnement, il est intégré au jardin des serres d’Auteuil. Le court est justement entouré de plusieurs éléments botaniques significatifs des zones tropicales d’Australie, d’Afrique ou encore d’Amérique du Sud. Nommé Simonne Mathieu en hommage à une ancienne lauréate des Internationaux de France, engagé dans la résistance lors du second conflit mondial, le court a été inauguré en 2019 en présence du petit- fils de cette dernière et du président de la fédération française de tennis Bernard Giudicelli.

Il est utilisé pour les tournois simples jusqu’aux huitièmes de finale de l’épreuve.

Il est parfois décrit comme un extra-terrestre de la discipline par les observateurs les plus avisés du tennis. Tout au long de sa carrière, Rafael Nadal n’a cessé de repousser les limites et les records de ce sport au point d’en être l’un des joueurs les plus titrés de l’histoire. En venant à bout du russe Daniil Medvedev en finale de l’Open d’Australie 2021, il devient même le premier joueur à dépasser la barre symbolique des vingt Grand Chelem glanés ! 

Issu d’une famille de sportifs (son oncle Miguel Angel était un joueur de football international espagnol alors que son autre oncle Toni, ancien joueur de tennis est son entraîneur jusqu’en 2017), c’est dès l’âge de quatre ans que Rafa commence à taper dans la petite balle jaune. Même s’il est également un bon joueur de football, Toni Nadal, alors impressionné par le talent précoce de son neveu, le convainc de se consacrer au tennis. Dès lors, sous l’égide de son oncle devenu son entraîneur, Rafael Nadal enchaîne les séances intensives de physique et change de main forte sur les conseils de Toni qui pense qu’en devant gaucher, le petit prodige améliorera son coup droit. Ces sacrifices essentiels dans l’histoire du jeune Nadal sont très rapidement récompensés puisqu’il remporte le prestigieux tournoi des petits As, soit l’équivalent d’un championnat du monde dès ses 13 ans. Deux ans plus tard, en 2002, il fait ses débuts chez les professionnels à l’occasion d’un tournoi organisé sur son île natale de Majorque. 

Grappillant rapidement les échelons en se frayant une place dans le top 100 mondial dès l’année suivante, il bat pour la première fois en 2004 à Miami le numéro un de l’époque Roger Federer. En 2005, il réalise une tournée préparatoire à Roland Garros parfaite en remportant trois tournois majeurs sur terre battue disputés préalablement aux Internationaux de France (Monte Carlo, Rome et Barcelone). Quelques semaines plus tard, il remporte à Porte d’Auteuil son premier tournoi du grand Chelem à seulement 19 ans. Le début d’une incroyable histoire entre Rafael Nadal et le tournoi parisien de Roland Garros. En effet, le court central Philippe Chatrier va véritablement devenir son jardin puisqu’il est lauréat du tournoi à treize reprises entre 2005 et 2020 ! Tout le monde s’accorde alors pour dire qu’il est le spécialiste incontournable de la terre battue et l’un des plus grands joueurs assimilé à cette surface de jeu. 

Néanmoins, ce serait une erreur de réduire la légende Majorquine à cette seule surface ocrée. Car Rafael Nadal a remporté de nombreux titres sur surface dure ou sur gazon en se défaisant de ses plus grands concurrents. Il remporte par exemple l’Open d’Australie à deux reprises tout comme le tournoi londonien de Wimbledon disputé sur gazon, une surface sur laquelle il n’apprécie évoluer. Il est également le détenteur de plusieurs US Open, le majeur Américain organisé en fin de saison qu’il décroche en venant à bout d’autres grands joueurs de sa discipline comme Novak Djokovic. Le natif de Manacor est par ailleurs resté numéro un mondial pendant de nombreux mois durant sa carrière.  

Rafael Nadal est un joueur réputé pour sa grande intelligence, son fair play à tout épreuve ainsi que sa capacité à ne jamais rien lâcher et à garder la tête froide en toutes circonstances. Il est également reconnaissable à sa routine particulière qu’il entretient et qui précède chacun de ses services, comme pour entrer dans une concentration ultime avant d’engager. Au fil des années qui passent, le champion espagnol a su adapter son jeu en fonction des adversaires qu’il rencontre, de la surface sur laquelle il joue mais également selon ses capacités physiques qui se retrouvent révisées par le temps. Lors de ses premières grandes années alors qu’il était un joueur de fond de court, disposé à multiplier les longs échanges en mettant beaucoup d’effets dans la balle pour déborder ses rivaux, il a modifié sa manière d’appréhender le jeu en élargissant sa palette technique. Il a tout d'abord opté pour l’offensive en se montrant de plus en plus agressif pour prendre le contrôle de l’échange et réduire la durée de celui-ci, ce qui par conséquent lui fait économiser de l’énergie. Il n’hésite plus à monter au filet pour conclure les points grâce à son touchée et à sa volée devenue plus précise qu’il y a quelques années. Enfin, le Majorquin a énormément travaillé sur son engagement afin d’arriver à mettre le plus d’effet possible dans sa balle pour “sortir” son adversaire du court, le tout une fois encore dans l’optique de remporter des points plus facilement en malmenant son adversaire dès la première relance. 

Par ses ajustements, son travail acharné et son talent naturel, Rafael Nadal est une légende de son sport. Avec plus de 90 titres en simple à son actif toutes surfaces confondues, il a l’un des palmarès les plus fournis de l’histoire du tennis.

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